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Le mot de la Présidente

 

Grâce au bénévolat et aux stagiaires, nous avons pu mener  nos actions. Nous restons une association nationale mais  suite à la subvention du Conseil Régional, nos missions sur le terrain  s’étendent aujourd’hui à Paris dans les quartiers dits « politiques de la ville ».

Car, à mesure que les familles se séparent et que la résidence de l’enfant s’organise dans la monoparentalité, notre association a une mission d’accompagnement à la (co) parentalité; il est alors apparu que le plus sûr moyen de les aider pour prévenir l’exclusion était de « parler de leur enfant et de l’enfant en soi ».

L’accompagnement à la (co) parentalité permet, à partir des rencontres interfamiliales d’écouter d’autres expériences pour trouver une nouvelle alternative.

Pour changer la vision sur le maintien des liens de l’enfant avec ses parents séparés, il faut considérer avec autant de respect la culture et le bagage familial de chaque famille accueillie.

L’association Le droit de te Connaître est dans la neutralité de ces difficultés manifestes de chaque famille.

L’association a une action attendue mais qui reste souterraine, c’est-à-dire, qu’il y a des personnes qui considèrent l’action mais qui ne voient pas comment la société peut évoluer dans ce sens.

Notre but pour l’enfant non reconnu ou l’enfant privé d’un parent est de   parler  d’une « difficulté parentale » et non d’un « choix de vie » ( considéré pour le code civil..)

Paris compte  une diversité de cultures, et des parents de tous les horizons. Tout de même, il faut se donner les moyens pour que les familles, après la séparation, continuent  la (co) parentalité. Car, l’enfant va grandir et il devra intégrer tous les codes de vie de notre société. (test ADN, contestation de filiation…). Nous conseillons de raconter l’histoire de sa naissance et de la séparation de ses parents à chaque enfant, cette histoire doit être dite par le fait et non pas par l’interprétation de l’absence ou la fugue de l’autre parent.

Ces 2 ans d’expériences sur le terrain nous apportent comme hypothèse qu’« il n’existe pas de mauvais parents » mais une société individualiste qui n’aime pas être dérangée; alors, elle normalise ce que peut devenir un bon et un mauvais parent. Par ex. il est plus normal d’interpréter comme des bons parents ceux qui ont des conflits devant les tribunaux pour obtenir la résidence de leur enfant et normalisé comme pathologique celui d’une mère ou d’un père seul(e) qui demande l’application de la loi de reconnaissance ou de la pension alimentaire… Ces normes apportent de la dérive à la structure familiale car elle crée des sujets qui se permettent de dire, par ex. que la femme a fait le choix de la grossesse alors qu’il y a plus de deux tiers des IVG chez des femmes qui utilisent une contraception

Il y a toujours des sujets qui n’imaginent pas qu’un père prend soin de son nourrisson… Encore, et après plus d’un siècle que la psychanalyse demande de considérer l’enfant comme un sujet à part entière , des travaux de recherche autour de l’attachement de l’enfant à ses parents sont en cours. La société actuelle ne se rend pas compte qu’il y a une difficulté et qu’il faut relier les histoires…

Notre association est d’utilité dans ce registre pour son action car elle regroupe toutes les histoires en  une seule; pour cela, il faut briser l’isolement, les parents séparés ont besoin de se rencontrer avec d’autres  parents séparés pour parler de leur expérience et je dirai même, avant toute procédure, car celle-ci doit être orientée pour le maintien des liens de l’enfant avec l’autre parent. Car votre enfant a besoin d’une mère et d’un père pour que la transmission familiale (deux parents pour éduquer l’enfant) continue à exister.

 

Ponce Karina

Présidente LDDTC

 

Le mot de la Présidente 2010

 

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